Roubaix Mariée depuis un an à Galeries Lafayette, La Redoute a « de grandes ambitions »

18/12/2018

Il y a un peu plus d’un an, l’autorité de la concurrence validait la reprise de la moitié du capital du e-commerçant roubaisien La Redoute par Galeries Lafayette. Nathalie Balla et Éric Courteille, co-présidents de l’entreprise, dressent le bilan.

Qu’est-ce que La Redoute aujourd’hui ?

Éric Courteille : « La Redoute est une belle dame de 180 ans – nous avons fêté l’anniversaire l’an dernier – qui a su se renouveler et qui aujourd’hui est un acteur incontournable du e-commerce français et international dans l’univers de la maison et du prêt à porter. »

Nathalie Balla : « C’est la plateforme préférée des familles, en mode et maison. Ce n’est pas un slogan mais la réalité : chiffres à l’appui, quand on regarde les familles que l’on équipe et l’attractivité que l’on a sur ces deux segments. La Redoute, c’est 10 millions de clients et 15 millions de colis par an. »

Vous avez repris La Redoute il y a 4 ans et demi. Le redressement est-il achevé ?

E. C. : « Le plan de transformation que nous avons bâti en 2014 arrive à la fin. Pour autant, il reste beaucoup à faire dans l’environnement du commerce d’aujourd’hui. La Redoute doit innover en permanence. La data joue un rôle dans la connaissance de nos clients, l’intelligence artificielle aide le client à mieux acheter, nous avons ouvert 18 magasins… Cela va continuer. »

Mais le retour à équilibre annoncé ?

E. C. : « Sur 2018, en accord avec nos nouveaux actionnaires– Galeries Lafayette –, nous avons fait de la croissance et avons atteint nos objectifs. En termes de chiffre d’affaires et de résultat. Mais nous ne communiquons pas nos chiffres. Mais nos actionnaires et nous-mêmes sommes totalement satisfaits. »

N. B. : « Le marché du textile est difficile, le nombre d’acteurs est très important mais nous avons notre place pour développer nos deux piliers : la mode et la maison qui nous apporte une très grande satisfaction car nous avons repositionné l’offre, élargi la gamme de produits et fait des progressions très importantes. Le marché arrive à maturité sur le e-commerce. L’enjeu désormais est moins le recrutement de nouveaux clients que leur fidélisation. C’est ce que nous faisons avec La Redoute et Moi : une cotisation qui permet d’avoir la livraison gratuite sur petits articles comme sur les plus encombrants, des réductions sur l’offre prêt-à-porter que La Redoute a en stock… Nous visions 175 000 clients, nous sommes à plus de 200 000. Nous avons capté une nouvelle tendance du marché. Le commerce en ligne reste en forte croissance, +15 % ! Mais il est désormais omnicanal et, c’est ce qui nous a amené à nous rapprocher des Galeries Lafayette. »

Le rapprochement a eu lieu il y a un an, qu’est ce que cela a changé ?

E. C. : « Au quotidien, pas grand-chose. Mais pour La Redoute c’est beaucoup d’ambitions ensemble à terme. Il y a le rapprochement du monde physique et du monde digital, c’est un modèle qui sera gagnant demain. Des choses se préparent pour la maison et le prêt-à-porter. Nous testons des choses… Le commerce physique n’est pas mort et doit se réinventer. Carrefour, Auchan font aussi leur révolution digitale car le e-commerce a changé le rapport avec le client. Cela va s’accélérer dans les années à venir. Il y a plus de 200 000 sites de e-commerce mais grosse partie du chiffre d’affaires est faite par les vingt premiers. »

Dont Amazon, cela vous inquiète ?

E. C. : « Nous sommes très à l’aise par rapport à Amazon. Nous avons fait le choix dès le début de garder le savoir-faire de La Redoute : les équipes de produit et de style. C’est ce qui fait que notre marque AMPM marche bien. Avec les places de marché, tout le monde vend la même chose et la concurrence se fait sur le prix. Nous spécialiser et nous différencier par une offre propre fait que nous ne sommes pas en concurrence frontale avec de gros généralistes, chinois ou américains. »

Votre point de vue sur la taxation des acteurs numériques ?

N. B. : « Il doit y avoir une équité fiscale. Il n’est pas normal que certains acteurs ne paient pas d’impôts en France. Le sujet est facile à poser, mais, il est plus difficile d’apporter une réponse cohérente. Un impôt sur le chiffre d’affaires est une difficulté : c’est lui qui fait vivre ! »

Avez-vous versé la prime défiscalisée ?

E. C. : « Non, car nous n’avons pas les moyens. Nous sommes en transformation, c’est pour nous la priorité ; continuer à développer l’entreprise. La Redoute en 2014 a failli disparaître. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux mais ce n’est pas le moment d’ouvrir les vannes. »

Vous êtes un binôme mais on met beaucoup Nathalie Balla en avant comme femme entrepreneure au travers de prix. Quel est votre regard ?

E. C. : « Je suis fier que Nathalie ait ces prix car elle le mérite à 200 %. Elle a eu le courage de reprendre une entreprise qui était au bord de la route ! »

N. B. : « Nous avons reçu beaucoup de prix à deux ! La presse met des focus sur les femmes mais être un duo est encore plus rare. Pour moi, les prix féminins mettent en avant notre travail de redressement et reviennent aux collaborateurs. Les femmes entrepreneures ne sont pas suffisamment présentes en France. Je vais dans les écoles de commerce et, je dis aux jeunes femmes que c’est possible pour elles. Il faut oser avoir des convictions. On peut dépasser ce plafond de verre. Il y a 10 % de femmes entrepreneures mais n’ont que 2 % des fonds financiers ! Je m’engage pour qu’on leur donne les moyens de présenter des business plans plus audibles auprès des banques, et qu’elles fassent leur travail de ne pas juger différemment des business plans de femmes ou d’hommes. »

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Depuis un an, Nathalie Balla et Eric Courteille poursuivent la transformation de la Redoute, dans l’intérêt commun avec leur nouvel actionnaire, Galeries Lafayette. PHOTO FRANçOIS FLOURENS - VDNPQR


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